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Classification des météorites

Introduction à la classification

Pierre-Marie Pelé, passionné, collectionneur et « chasseur » amateur de météorites est le webmaster de l’incontournable site http://www.meteor-center.com.

Il nous fait le plaisir et l’honneur d’apporter sa contribution au contenu de Detecteur.net en nous offrant un article tiré de son ouvrage « Les Météorites Françaises »t dont je vous conseille vivement la lecture !

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Coupe d’une pallasite Brahin de la collection Régis Motheau

Les types rencontrés

On distingue quatre type de météorites: les chondrites, les achondrites, les mixtes et les fers.

Les chondrites

Les chondrites sont des météorites pierreuses caractérisées par la présence de chondres et par de petites particules de métal. Les chondres sont des sphères constituées par des petits grains de minéraux, essentiellement des silicates. Elles sont serties dans une matrice riche en carbone et en minéraux hydratés.

Les chondrites sont les plus anciennes roches du système solaire. La plupart des chondrites classifiées sont dénommées par une ou plusieurs lettres et par un nombre. Pour les chondrite ordinaires, la lettre indique le taux de métal. Le nombre correspond au niveau d’altération des chondres. Des nombres supérieurs à 3 indiquent un métamorphisme thermique croissant. 7 correspond à une altération totale des chondres. Inversement, un nombre inférieur à 3 indique un taux croissant d’altération aqueuse.

Globalement, on distingue :
– les chondrites ordinaires qui incluent les chondrites H, L et LL :
La lettre L, LL ou H indique la teneur en fer (LL = low low, L = low et H = high). Un chiffre, de 3 à 7 complète cette lettre. Il détermine la qualité de conservation des chondres. Plus le chiffre est faible et moins les chondres ont été transformées. Plus il est grand et plus les chondres ont été transformées. L’altération des chondres peut être provoquée par des chocs d’impacts, par la chaleur ou bien encore par la pression. Par exemple, une H3 est une chondrite riche en fer avec des chondres bien préservés. Une L6 est une chondrite relativement pauvre en fer avec des chondres très altérés.

– les chondrites à enstatite (E) :
Elles sont constituées essentiellement d’un minéral que l’on appelle l’enstatite (MgSiO3) et qui est le pôle purement magnésien des pyroxènes (voir glossaire).

– les chondrites carbonées (C) :
Les chondrites carbonées contiennent des composés organiques, notamment des acides aminés qui sont les constituants de la vie, mais aussi du diamant. On classe les chondrites carbonées en fonction de leur teneur en carbone et en eau.

– les chondrites K :
Elles doivent leur nom à une météorite tombée à Kakangari en Inde. Elles ont une composition assez particulière. Leur état d’oxydation les place entre les chondrites H et E. Elles ont en outre une signature isotopique unique.

– les chondrites R
Elles portent le nom d’une chute qui eut lieu au Kenya, à Rumuruti. Le fer contenu dans ces météorites est très oxydé. L’olivine présente est très riche en fer et leur donne un aspect noirâtre ou rougeâtre.

Les chondrites représentent environ 80% des météorites récupérées.

Les achondrites

Les achondrites sont des météorites pierreuses qui ne contiennent pas de chondres. Certaines ressemblent beaucoup aux roches terrestres. Elles sont pauvres en métal et sont en général constituées de pyroxènes, de plagioclase, d’augite et de pigeonite.

Les achondrites sont divisées en groupes établis selon leur teneur en calcium.

On classe sous l’appellation HED les Howardites, Eucrites et Diogénites. Le groupe HED serait originaire de l’astéroïde Vesta.

On classe sous l’appellation SNC les Shergottites, Nakhlites et Chassignites. Le groupe SNC est très certainement originaire de la planète Mars.

Les achondrites représentent seulement 7,8% des chutes de météorites.

Les mixtes

Les mixtes, appelées aussi sidérolites, sont constituées d’un mélange d’alliage de fer-nickel et de matière minérale. Elles englobent les pallasites et les mésosidérites.

Les pallasites sont formées de cristaux d’olivine enchassés dans un alliage de fer et de nickel présentant la figure de Widmanstätten. Selon certains scientifiques, les pallasites auraient une composition proche des roches terrestres se situant entre le noyau de la Terre et le manteau.

Les mésosidérites sont formées d’un alliage de fer-nickel et de morceaux silicatés.

Les mixtes représentent 1,2% des chutes de météorites.

Les fers

Les météorites de fer, appelées aussi sidérites ou tout simplement fers, sont principalement composées de fer, de nickel, et de faibles traces de chrome, de phosphore, d’iridium, de gallium et de carbone utilisées pour leur classification.

Les fers contiennent parfois des inclusions, par exemple du sulfure, du phosphure, du carbone, des silicates (certains fers contiennent autant de silicates que les pallasites ou les mésosidérites, comme Miles par exemple). Seule Canyon Diablo contient des diamants très petits, formés par le choc lors de l’impact sur Terre.

Les météorites de fer étaient divisées en trois classes :
• Les hexahédrites contiennent de 5 à 6% de nickel. Après polissage et attaque à l’acide nitrique à 10%, certaines présentent des lignes parallèles appelées lignes de Neumann.
• Les octahédrites contiennent de 7 à 15% de nickel. Après polissage et attaque à l’acide nitrique à 10%, elles présentent des figures complexes appelées figures de Widmanstätten .
• Les ataxites contiennent plus de 15% de nickel. Elles présentent après polissage et attaque à l’acide des figures de Widmanstätten mais qui demeurent invisibles à l’œil nu.

Désormais, les fers sont classés en 13 ou 14 groupes selon le taux d’éléments chimiques (gallium, germanium et iridium) par rapport au taux de nickel.

Les fers représentent environ 7% des chutes.

A Propos Detecteur.net

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