Trouvaille insolite et très belle identification !
Ces marquages routiers rétroréfléchissants sont appelés « œil de chat » car ils ressemblent au phénomène bien connu des « yeux brillants » chez les chats et les alligators (qui ne font en réalité que réfléchir la lumière, sans émettre de lumière). On peut se représenter l'œil d'un chat comme une lentille munie d'un miroir sur sa face arrière (plan focal). Ce « miroir » incurvé, une couche de tissu appelée tapetum lucidum, réfracte la lumière incidente à l'intérieur de l'œil, qui est ensuite réfléchie vers l'extérieur dans la même direction. Chez le chat, cela a pour effet de doubler l'intensité lumineuse à l'intérieur de l'œil et d'améliorer sa vision nocturne, tout en donnant à l'œil une apparence anormalement brillante pour un observateur humain dans une pièce sombre. Ce même phénomène se produit, dans une moindre mesure, chez l'humain et est responsable de l'effet « yeux rouges » sur les photos prises au flash (mais de façon moins marquée, car nous ne possédons pas cette même couche de tissu).
La rétroréflexion utilise les principes de base de la réflexion spéculaire (comme la réflexion d'un miroir ou d'une surface très polie), de la réfraction (où la lumière change de direction lorsqu'elle passe d'un milieu à un autre, par exemple de l'air au verre) et de la réflexion totale interne (où la lumière frappant la surface d'un matériau transparent sous certains angles rebondit sur la surface au lieu de la traverser).
Dans le marquage routier en forme d'œil-de-chat, cet effet est reproduit à l'aide de microbilles de verre : leur indice de réfraction, leur rondeur, leur transparence et leur couleur influent sur leur efficacité de rétroréflexion. Une microbille de verre transparente et ronde, présentant peu d'inclusions et de bulles d'air, réfléchira davantage la lumière incidente. La rétroréflexion peut également être améliorée en revêtant la face arrière de la sphère d'une couche métallique lui conférant un aspect miroir. Lors de leur première utilisation dans les années 1920, ces sphères rétroréfléchissantes mesuraient de 10 à 20 mm de diamètre, mais les fabricants ont depuis lors travaillé à leur miniaturisation. Dans les années 1930, la société américaine Potters a produit de minuscules sphères de verre de haute précision, d'un diamètre de quelques fractions de millimètre seulement, qui ont été utilisées pour la première fois sur les écrans de cinéma, offrant ainsi une image beaucoup plus lumineuse.
Lors des premiers essais d'utilisation de ces microbilles dans la signalisation routière, les billes exposées perdaient toute réflectivité sous une forte pluie, car le film d'eau déviait la lumière et la saleté s'accumulait dans les minuscules interstices entre les billes. Depuis, des fabricants comme 3M ont apporté de nombreuses améliorations à ce dispositif. Dans les catadioptres, ce problème d'encrassement des billes a été résolu par la conception de leur boîtier : la base en fonte recueille l'eau de pluie et, lorsqu'un véhicule roule dessus, les catadioptres sont immergés dans l'eau, ce qui nettoie les billes de verre.

"Si j'avance, suivez-moi ; si je meurs, vengez-moi ; si je recule, tuez-moi"
