Joli!
Titulature avers : IMP./ CAESAR./ DIVI. IVLI./ DIVI. F..
Description avers : Tête d'Octave nue à droite, adossée à la tête de César laurée à gauche ; entre deux, une palme.
Traduction avers : “Imperator/ Cوsar/ Divi Iuli/ Divi Filii”, (L’imperator/ césar/ divin Jules/ fils du divin).
Titulature revers : COPIA.
Description revers : Proue de navire à droite ornée d’un œil et d’un dauphin ; un astre au dessus.
Traduction revers : “Copia”, (Copia).
Commentaire à propos de cet exemplaire : De nombreux exemplaires furent coupés en deux pour servir comme as ou demi-dupondius ; si bien qu'il est très rare d'avoir un dupondius complet. Notre exemplaire présente la particularité d’appartenir à la première émission avec la palme au milieu. Le revers de notre exemplaire est tout à fait exceptionnel avec tous les détails visibles.
Commentaires : Pour ce type, les auteurs du Roman Provincial Coinage ont répertorié 58 exemplaires avec un poids moyen de 18,49 g. Il y a en fait deux émissions bien différentes qui se caractérisent par la présence ou l'absence de la palme au droit entre Jules César et Octave. Lyon (Colonia Copia Felix Munatia Lugdunum) fut fondée en 43 avant J.-C. par Munatius Plancus. Pour J.-B. Giard, ce monnayage ne commencerait pas avant 28/27 avant J.-C. La datation de ces bronzes semble plus ancienne (38/36 AC.). Ces monnaies à double portrait se rencontrent souvent coupées. Au départ, nous avions des dupondii d'environ 20 grammes (Lyon, Vienne, Orange, Narbonne, Nîmes), puis le poids baissa lentement à Nîmes (de 8 à 12 grammes). Devant la pénurie monétaire en Gaule à l'extrême fin du Ier siècle avant J.-C. ces monnaies furent souvent coupées en deux pour circuler pour la moitié de la valeur normale, un as en l'occurrence. Cette pénurie monétaire persista en Gaule jusqu'aux Flaviens.
Historique : Lyon, colonie 'Copia Felix Munatia Lugdunum' fut fondée en 43 avant J.-C. par Lucius Munatius Plancus, l'un des lieutenants de César, puis d'Antoine. La colonie semble avoir reçu le 'jus Romanum'. Son monnayage initial n'est pas sans rappeler ceux d'Orange, de Narbonne, de Vienne et enfin de Nîmes. Le 1er août 12 avant J.-C., au lieu-dit Condate, à la confluence du Rhône et de la Saône fut fondé le sanctuaire fédéral des Trois Gaules destiné à commémorer l'union religieuse et politique des provinces conquises avec Rome et Auguste. Ce sanctuaire était situé à l'emplacement actuel de la Croix Rousse. Le monument se présentait comme une vaste terrasse au-dessus de laquelle s'élevait un autel monumental portant le nom des soixante cités gauloises des Trois Gaules (Aquitaine, Lyonnaise et Belgique). L'autel était orné de statues symbolisant les cités. De chaque côté de l'autel s'élevait une colonne surmontée d'une victoire en bronze. Le monnayage à l'autel de Lyon continua d'être fabriqué sous Tibère et jusqu'à Claude qui fit frapper les derniers as et semis. Claude, fils de Drusus et d'Antonia et frère de Germanicus, était né à Lyon le 1er août 10 avant J.-C., deux ans après l'inauguration de l'autel des Trois Gaules. Il resta favorable aux Gaulois quand il fut devenu empereur et les fit entrer au Sénat en 48 (voir Tables Claudiennes, conservées à Lyon et les comparer à la recension qu'en donne Tacite, Annales, XI, 23-25). L'atelier impérial de Lyon, qui avait été ouvert par Auguste vers 15 avant J.-C., fut le principal atelier de l'Empire jusqu'à la mort de Caligula et resta important sous les règnes de Claude et de Néron jusqu'à la Réforme monétaire de 64. Jusqu'à cette date, il fut le seul atelier monétaire à fabriquer des aurei et denarii. La réforme lui retira la fabrication des espèces de métal précieux, mais lui conserva celles de bronze (fort importante). C'est en fait la chute de l'empereur en 68, puis les guerres civiles qui s'ensuivirent entre 68 et 70, qui modifièrent le statut de l'atelier impérial. La renaissance d'un particularisme 'gaulois' et l'éphémère 'Empire des Gaules', proclamé par Civilis, le Batave, rejoint par Julius Tutor et Julius Classicus, tout deux Trévires et du Lingon Julius Sabinus, devaient entraîner une réaction de Rome. Vespasien, le nouvel empereur, envoya Q. Petillius Cerialis en Gaule pour écraser la sédition. Les Gaulois furent vaincus sur la Moselle et les conjurés connurent alors des destins divers. La Gaule était rentrée dans l'obéissance de Rome. L'atelier de Lyon ferma définitivement ses portes en 78, et ce pour longtemps, mettant fin au particularisme gaulois. Nous devons aujourd'hui modifier notre interprétation de la circulation monétaire en Gaule entre la fin de la Guerre des Gaules et la mort de Néron. Monnaies gauloises en argent, en bronze et en potin circulèrent conjointement avec les monnaies romaines qui se répandirent lentement en dehors de la Narbonnaise. Il faut ici utiliser le néologisme de circulation 'romano gauloise' plutôt que gallo-romaine.
Arual